Des tablettes en général, du sauvetage de l’édition en particulier

La révolution technologique est en marche… Vraiment ? Apple a réussi avec son iPad à réveiller un marché qui n’avait jamais vraiment décollé. Les espoirs étaient permis pour la presse et l’édition d’avoir une porte de sortie, comme l’industrie du disque avec le téléchargement légal.

Tablette Vs. Tablet PC

Les tablettes existent depuis une dizaine d’années, mais fonctionnaient jusqu’alors avec Windows (version très light). Un système certainement pas conçu pour devenir mobile. Ça obligeait les constructeurs à ajouter une couche logicielle pour palier ce manque et par conséquent alourdir l’ensemble.

En regardant bien, c’est exactement le même cas que les smartphones : Apple est venu taper dans la fourmilière pour que la concurrence s’agite un peu et sorte des produits qu’ils gardaient bien au chaud, histoire de programmer leurs revenus à long terme.

Pour en revenir aux tablettes, Microsoft est toujours dans leurs illusions. Autant Apple annonce l’iPad comme étant le post-computer (l’après-ordinateur), autant Microsoft s’obstine à dire qu’il ne faut pas de système (OS) spécifique pour tablette. C’est à cause de cette stratégie-là qu’elles ne se sont jamais vraiment imposées.

D’ailleurs, les smartphones l’ont prouvé : iOS (iPhone, iPad…), Android (HTC, Motorola), Blackberry OS, webOS (Palm/HP) ou même Windows Mobile 7 font que les smartphones ont des systèmes fait spécifiquement pour ces périphériques, et c’est cela leur « plus ».

Une avance de taille

On le sait, l’avantage d’Apple comparé à tous ses concurrents, c’est la maîtrise du logiciel (OS et Apps) et du matériel. Le fait d’être constructeur leur permet des choses que nul autre ne peut. par exemple la mémoire vive (RAM). Les iPads en ont moins que la concurrence. Pourquoi ? Parce que le système est nettement moins gourmand qu’une tablette sous Android par exemple. De même que l’interface graphique, ce n’est pas une brique rajoutée pour faire joli, c’est dans les fondements du système. Ça explique les lenteurs et saccades de la concurrence.

Hewlett-Packard (qui a racheté Palm) et Blackberry pourrait faire de même, mais ils n’ont pas l’air de tellement discuter à la machine à café…

Empêcher le naufrage de l’édition ?

C’était le gros espoir à la sortie de l’iPad : sauver l’édition (quotidienne, magazine, livre…) qui a pris un sacré coup avec l’arrivée de l’Internet. Qu’en est-il un an et demi après ?

Ce n’est certainement pas le sauveur qu’on espérait… Personne ne gagne vraiment d’argent pour le moment (à part le New Yorker). Aucun modèle économique actuel ne fonctionne franchement sur tablette.

Le problème c’est que les groupes de presse se sont peu précipités pour être présent dès le début de l’iPad, avec des applications pas tellement innovantes. Or les gens téléchargent généralement un exemplaire pour voir et ça s’arrête là. Donc si l’appli est nulle, ils re-téléchargeront rarement, puisque la plupart du temps, ils auront jeté l’application.

Et puis, la démarche d’abonnement n’existe pas encore sur les tablettes, un peu comme sur le web. Est-ce que Newsstand changera ça ? Le fait que les téléchargements seront gérés automatiquement et pourront se faire en tache de fond (toujours mieux qu’attendre 30 minutes qu’un magazine se télécharge… Le poids des magazines est aussi un gros problème à mon sens).

Ensuite, la qualité. Quelqu’un qui télécharge un magazine sur iPad n’a pas fondamentalement envie d’avoir une suite de PDF sur sa tablette, sinon quel intérêt ? Quelle valeur ajoutée ? De la même manière, il ne faut pas que ce soit une copie conforme du site internet. Vu déjà que le modèle économique sur Internet laisse à désirer, imaginez un peu sur tablette (environ 30 millions d’utilisateurs mondiaux pour le moment ; c’est beaucoup et peu à la fois).

Pour résumer :

  • Trop de précipitation pour sortir les publications ipaddées, qui a déçu les premiers utilisateurs.
  • L’abonnement numérique n’est pas encore dans les mœurs (quand on voit aussi les offres de VOD, il ne faut pas s’étonner…).
  • Le poids d’une publication qui atteint des sommets (500 Mo en moyenne avec les outils Adobe), donc on ne peut pas garder beaucoup de numéros sur une machine.
  • Manque d’intérêt de la version numérique, comparée au papier ou au web (surtout depuis les dernières avancées en matière de web).
  • Le modèle économique non probant ou non existant, ce qui au final est le plus important.

En conclusion

On est dans un imbroglio pas possible et c’est normal. Les outils pour les publications numériques n’en sont qu’aux balbutiement (je reparlerai des diverses options depuis InDesign dans un prochain billet). L’optimisation n’est pas encore de mise et la manière de monnayer la publication est plus compliquée. Est-ce une fois encore les freemiums (magazine gratuit financé par la pub) qui vont le mieux s’en sortir ?

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